Burkina Faso : La santé au village
Bulletin n°83 - Mars 2006

Voilà deux ans maintenant qu'E&D travaille au Burkina Faso, dans les communes rurales de Foubé et Guendbila, District de Barsalogho, à 145 km au nord-est de Ouagadougou.

L'équipe E&D Burkina, en partenariat avec les différents Départements techniques, a pour objectif le développement global de l'enfant. L'enquête sanitaire menée en 2004 a souligné l'absence de système de santé au niveau des villages, avec parfois 10 km à parcourir pour atteindre la commune, le manque de formation des agents de santé et le faible niveau de connaissance de la population en matière de santé (voir bulletin n°78) . Pour E&D, l'accès aux soins au niveau des villages -notamment pour les mères et les enfants- est donc devenu un axe de travail prioritaire.

Dans un premier temps, nous avons souhaité renforcer les compétences des 110 agents de santé et accoucheuses villageoises (2 agents de santé et 2 accoucheuses par village). Il s'agit de volontaires cooptés par la population et formés pour assurer les soins de base des habitants de leur village. La grande majorité étant illettrée, le projet leur a d'abord permis de bénéficier de cours d'alphabétisation en langue locale, le Mooré . Au cours de deux sessions de 6 semaines étalées sur 4 mois, les volontaires ont appris à lire et écrire.

Après une évaluation de leur niveau, la troisième session a porté sur la santé communautaire et les activités de prévention. Cette formation technique les a rendus aptes à assurer le « paquet d'activités » prévu par la politique nationale de soins de santé primaires (voir encadré). Leur travail est à ce jour très opérationnel

Lors de notre mission sur place en décembre, les 110 agents de santé de Guendbila et Foubé nous ont parlé de leur métier et de leurs responsabilités avec fierté. Ils nous ont démontré à quel point ils percevaient les besoins de la population. Leurs demandes ont été raisonnables et adaptées à la situation : ils souhaitaient ainsi avoir un fonds de roulement de médicaments et de kits d'accouchement plus important, recevoir une formaton à la nutrition ainsi qu'un stage de formation pratique complémentaire à l'accouchement à l'hôpital de Barsalogho.

Par ailleurs, la politique nationale stipule que tout village situé à plus de 5 km d'un centre de santé doit être pourvu d'un dispensaire villageois appelé « case santé » permettant le déploiement d'activités de santé communautaire. Les bâtiments existants sont le plus souvent dans un état déplorable et impraticable pour les agents de santé et les accoucheuses villageoises qui ont pourtant besoin d'un endroit pour accueillir isolément certains patients. Les cases santé serviront non seulement à prodiguer des soins, mais aussi à sensibiliser la population, en particulier les mères, à la santé et à la nutrition de leurs enfants. Cette année, E&D entend donc construire ou rénover une case par village (soit 14 au total). Chaque bâtiment sera composé de 2 pièces, une latrine et un espace douche et sera équipé d'un minimum de matériel de santé. Tout en étant très simples, ces cases sont appelées à jouer un rôle très important entre les villageois et les CSPS des communes vers lesquels seront référés les accouchements à risques et d'une manière générale les cas qui dépassent les compétences des agents de santé. Ces constructions sont très attendues par la population et les agents de santé, dont elles augmenteront la légitimité.

 

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