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Burkina Faso : Etude transversale à Foubé et à Guendebila Bulletin n°78 - Décembre 2004 Dans les villages reculés de Foubé et Guendebila, deux communes du district de Barsalogho, une enquête de base a été menée auprès de 376 familles. Cela a permis d'identifier l es différents facteurs nuisant au bien-être et au développement des enfants de zone rurale. Les résultats de l'enquête confirment que les femmes et les enfants constituent les deux catégories de population les plus vulnérables à la conjonction de facteurs négatifs qui affectent le développement de la zone considérée. Les femmes jouissent d'un statut social et économique peu valorisé car la polygamie reste le régime matrimonial dominant dans la zone cible (61.10%). En outre, 83,6% d'entre elles sont analphabètes. Le pouvoir de décision est dévolu uniquement aux hommes et si les mères ont en charge les enfants en bas âge, en cas de maladie, la décision de recours aux soins reste entre les mains des hommes (père, oncle, grand-père) pour elle et pour leurs enfants. La forte prévalence de la malnutrition dans la zone ( 43,5% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition modérée sur la base du critère poids/taille) constitue le lit pour l'éclosion des maladies infectieuses (diarrhées infectieuses, infections respiratoires et maladies à potentiel épidémique comme la rougeole et la méningite). Certaines pratiques traditionnelles sont néfastes à la santé comme le gavage et les purges rectales des nourrissons avec des décoctions sont pratiquées par 87,3% des mères et contribuent au développement de cette malnutrition infantile puisqu'elle consiste à faire absorber à l'enfant des décoctions supposées « fortifiantes » mais pauvres en calories et en nutriments. De même, l'application d'interdits alimentaires divers pratiquée dans 62% des foyers, explique certaines carences nutritionnelles. Cette situation a comme conséquence majeure une charge élevée de la morbidité et de la mortalité infantile (95 enfants sur 1000 meurent avant leur premier anniversaire et les mères interrogées dans l'enquête ont perdu chacune en moyenne 2 enfants). Les connaissances des mères en matière d'hygiène, de santé et de nutrition sont très faibles. Ainsi, seulement 1,1% d'entre elles se lavent les mains avant de nourrir un enfant et 2,7% après avoir nettoyé un enfant qui a fait des selles. Aucune des mères interrogées ne connaît les principaux signes de maladies justifiant l'envoi de l'enfant au centre de santé. En conséquence, seules 38% des familles ont recours au centre de santé en première intention. L'accessibilité géographique aux services de santé est d'ailleurs problématique, compte tenu des distances à parcourir (10,34 kms en moyenne) jusqu'aux centres de santé, de l'état catastrophique des infrastructures routières et de la faible disponibilité en moyens de locomotion (31% des ménages disposent d'une motocyclette). Si les villages sont presque tous dotés d'une case santé, celles-ci sont généralement en mauvais état, sous-équipées, et les agents de santé communautaires (agents de santé villageois et accoucheuses villageoises) quand ils existent ne sont pas assez compétents . L'effet conjugué de ces facteurs se traduit par la faiblesse de la couverture en soins curatifs, préventifs et promotionnels : 27.6% des femmes ne bénéficient d'aucun suivi pendant la grossesse, seulement 42,4% sont vaccinées contre le tétanos et 52,7% des accouchements se font sans l'assistance d'une personne qualifiée. De plus moins de 60% des enfants bénéficient des 5 contacts vaccinaux prévus avant 1 an. Enfin, en ce qui concerne la santé reproductive, on remarque que le taux de femmes ayant déjà utilisé une méthode contraceptive est très faible (8,2%), et 21,5% seulement des personnes interrogées sont capables de citer l'utilisation du préservatif comme moyen de protection contre la transmission du sida. Au manque d'infrastructures sanitaires vient s'ajouter l'insuffisance des infrastructures éducatives. Les écoles dans la zone ne sont pas assez nombreuses pour absorber le nombre d'enfants en âge d'être scolarisés. Les infrastructures existantes sont également souvent en mauvais état, faute d'entretien et / ou dépourvues du minimum d'équipements sanitaires (point d'eau, latrines), ce qui dissuade notamment les parents d'envoyer leurs filles à l'école. Ainsi, non seulement les taux de scolarisation dans les zones de Foubé, Guendebila sont très faibles (respectivement 15% et 7% contre 18% en moyenne sur l'ensemble du District de Barsalogho), mais ils reflètent aussi une discrimination entre les filles et les garçons (seules 8% et 3% des filles sont scolarisées dans les 2 aires de l'intervention contre 11% pour tout le District).
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