CAMBODGE : STUNG MEAN CHEY
La formation professionnelle : une école de la volonté
Bulletin n°71 - Octobre 2002

Mis en oeuvre par l'association Sovann Phoum, le programme de formation professionnelle que soutient Enfants&Développement depuis 1995 dans deux communes de la municipalité de Phnom Penh porte ses fruits. Une quarantaine de jeunes filles et jeunes garçons suivent chaque année une formation professionnelle dans des ateliers privés ou des centres spécialisés, avec pour objectif final de trouver ou de créer leur propre emploi et venir ainsi en aide à leur famille.

Sur les 19 jeunes dont la formation s'est achevée début 2002 dans la commune de Stung Man Chey dans la banlieue de Phnom Penh, 16 ont trouvé tout de suite un travail. Parmi eux, 5 ont été embauchés par leur formateur tandis que 2 couturières se sont installées à leur propre compte. Les stagiaires âgés de 16 ans minimum sont identifiés pour leur motivation et leur sérieux soit, par les agents de développement social de Sovann Phoum au sein des familles très défavorisées bénéficiant déjà d'un soutien social soit, par les enseignants qui dispensent les cours d'éducation de base (alphabétisation). Monsieur Charrath, responsable de la formation professionnelle à Sovann Phoum, a effectué un important travail de sélection des artisans et de petites entreprises sérieuses qui acceptent de prendre un jeune pour lui enseigner un métier sur une durée d'un à deux ans. Ce système permet d'offrir aux jeunes un éventail beaucoup plus large de métiers, une douzaine au total, dont les possibilités de débouchés ont été soigneusement étudiées. Les métiers prisés sont la cuisine et la couture pour les filles et la mécanique auto et motos pour les garçons, mais ce sont des secteurs embouteillés.

E&D prend en charge le coût de la formation, parfois les outils correspondants et prête une bicyclette. Le formateur offre en général le repas de midi, parfois l'hébergement et de l'argent de poche. Tout ceci fait l'objet d'un contrat. La qualité du suivi très rapproché de Monsieur Charrath, qui assure le lien employeur/apprentis/famille, a toute son importance dans le succès de la formation.
Aux apprentis ensuite de faire leurs preuves. Leur motivation réside souvent dans les perspectives d'embauche à la sortie. Même si la formation dispensée par les ONG (Don Bosco, Nyemo, la Guilde Européenne du Raid…) est souvent meilleure que celle des ateliers privés, le placement dans ces derniers est davantage recherché car on peut y avoir la chance d'un emploi à l'issue de la formation si l'on a fait preuve de sérieux et de capacités.


Les jeunes couturières choisissent souvent de se mettre à leur compte
plutôt que travailler en usine


L'autre solution, parfois envisagée d'emblée par les stagiaires, consiste à se mettre à son compte. Les jeunes couturières choisissent souvent l'indépendance à une place en usine. Elles peuvent alors emprunter à Sovann Phoum dans le cadre de ses activités de micro-crédit la somme qui leur permettra d'acquérir par exemple, une machine à coudre. C'est alors un autre défi qui commence.

 



 

 

Haut de page  




Sommaire du n°71

>Editorial : retrait de Save the Children
>Cambodge : les pagodas et la participation communautaire
>France : Lu dans Le Progrès : " Un coup de jeune pour la gare "
>Cambodge : la formation professionnelle, une école de la volonté
>Outils pédagogiques : l'enfant et son développement
>Compte de résultat 2001

> retour aux archives