Mis en oeuvre par l'association Sovann Phoum, le
programme de formation professionnelle que soutient Enfants&Développement
depuis 1995 dans deux communes de la municipalité de Phnom Penh
porte ses fruits. Une quarantaine de jeunes filles et jeunes garçons
suivent chaque année une formation professionnelle dans des ateliers
privés ou des centres spécialisés, avec pour objectif
final de trouver ou de créer leur propre emploi et venir ainsi
en aide à leur famille.
Sur les 19 jeunes dont la formation s'est achevée début
2002 dans la commune de Stung Man Chey dans la banlieue de Phnom Penh,
16 ont trouvé tout de suite un travail. Parmi eux, 5 ont été
embauchés par leur formateur tandis que 2 couturières
se sont installées à leur propre compte. Les stagiaires
âgés de 16 ans minimum sont identifiés pour leur
motivation et leur sérieux soit, par les agents de développement
social de Sovann Phoum au sein des familles très défavorisées
bénéficiant déjà d'un soutien social soit,
par les enseignants qui dispensent les cours d'éducation de base
(alphabétisation). Monsieur Charrath, responsable de la formation
professionnelle à Sovann Phoum, a effectué un important
travail de sélection des artisans et de petites entreprises sérieuses
qui acceptent de prendre un jeune pour lui enseigner un métier
sur une durée d'un à deux ans. Ce système permet
d'offrir aux jeunes un éventail beaucoup plus large de métiers,
une douzaine au total, dont les possibilités de débouchés
ont été soigneusement étudiées. Les métiers
prisés sont la cuisine et la couture pour les filles et la mécanique
auto et motos pour les garçons, mais ce sont des secteurs embouteillés.
E&D prend en charge le coût de la formation, parfois les outils
correspondants et prête une bicyclette. Le formateur offre en
général le repas de midi, parfois l'hébergement
et de l'argent de poche. Tout ceci fait l'objet d'un contrat. La qualité
du suivi très rapproché de Monsieur Charrath, qui assure
le lien employeur/apprentis/famille, a toute son importance dans le
succès de la formation.
Aux apprentis ensuite de faire leurs preuves. Leur motivation réside
souvent dans les perspectives d'embauche à la sortie. Même
si la formation dispensée par les ONG (Don Bosco, Nyemo, la Guilde
Européenne du Raid
) est souvent meilleure que celle des
ateliers privés, le placement dans ces derniers est davantage
recherché car on peut y avoir la chance d'un emploi à
l'issue de la formation si l'on a fait preuve de sérieux et de
capacités.

Les jeunes couturières choisissent souvent de se mettre à
leur compte
plutôt que travailler en usine
L'autre solution, parfois envisagée d'emblée par les stagiaires,
consiste à se mettre à son compte. Les jeunes couturières
choisissent souvent l'indépendance à une place en usine.
Elles peuvent alors emprunter à Sovann Phoum dans le cadre de
ses activités de micro-crédit la somme qui leur permettra
d'acquérir par exemple, une machine à coudre. C'est alors
un autre défi qui commence.