Protection et réinsertion des enfants des rues de Katmandou

Contexte

Constat

Combien ?
D'après une étude de 2002* relative à la situation des droits de l'enfant au Népal, le nombre des enfants des rues est estimé à 5000 enfants.

Presque tous (96%) sont des garçons, d'origine rurale (65%), confrontés aux difficultés suivantes. Tous viennent de familles très démunies. 49 % seulement ont fréquenté l'école.

* Source : Etude " Trafficking and sexual abuse among street children in Kathmandu " menée par le BIT (Bureau International du Travail) dans le cadre du programme IPEC (International Programme on Elimination of Child Labour) publiée en Mars 2002

Pourquoi ?
+ Beaucoup d'enfants de la rue, orphelins de père ou mère (décédés ou disparus) ont été rejetés par un beau-père ou une belle-mère et chassés du foyer ou tellement maltraités qu'ils ont préféré s'enfuir. D'autres font le choix de partir pour échapper à la violence de leur propre famille, entraînée dans le cycle infernal de l'extrême pauvreté, de l'alcoolisme… (bien que les parents népalais soient en général aimants).

+ Il existe au Népal une très forte tradition du travail des enfants au sein des familles les plus démunies. Envoyés en ville pour y travailler, souvent comme chiffonniers ou comme main d'œuvre bon marché dans des ateliers ou usines, ils entament un processus de séparation avec la famille. Exploités, ils finissent par préférer la rue et les bandes d'enfants où la solidarité aidant, ils se sentent davantage sécurisés.

+ Les troubles politiques qui ont secoué le pays ces dernières années ont accentué le phénomène en incitant certaines familles et enfants à refluer vers les villes pour fuir les représailles ou l'endoctrinement.

Les dangers de la rue
Ces enfants souffrent de la faim, de la saleté, de la maladie, du froid, de la solitude, de la drogue, des violences physiques, sexuelles, du racket, de l'analphabétisme, de l'absence de perspective d'avenir. Il survivent -s'ils le peuvent- en mendiant, en ramassant des sacs plastiques dans les ordures que l'on vend quelques centimes le kilo, en faisant de petits dessins que l'on propose aux touristes, en vendant de la drogue, en volant, en acceptant d'être sexuellement abusé en échange de nourriture ….

Le Népal subit depuis quelques années le contrecoup d'un déplacement de la "mouvance pédophile" d'Asie du Sud-Est vers le sous-continent indien. Poursuivis et délogés de pays comme la Thaïlande ou les Philippines par des ONG et des législations actives, les pédophiles se sont rabattus sur des pays comme le Bangladesh et le Népal où, malgré la signature et la ratification de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfants en 1990 et la Convention du Bureau International du Travail sur les pires formes du travail des enfants en 1999, il n'existe aucune loi nationale protégeant des garçons contre les abus et les exploitations de nature sexuelle (dans la législation népalaise, les textes de lois relatifs aux agressions sexuelles sur mineurs visent essentiellement à protéger les filles).


Objectifs
1. Lutter contre les abus sexuels en sensibilisant la communauté nationale et internationale sur la problématique des enfants abusés ;

2. Améliorer la qualité des réponses apportées aux besoins des enfants des rues de Katmandou et de leurs familles ;

3. Développer et renforcer les capacités organisationnelles et techniques du partenaire local.

Localisation
NEPAL, Ville de Katmandou et districts avoisinants (Lalitpur, Baktapur).

Bénéficiaires
+ Enfants des rues de 4/5 ans à 18 ans et prioritairement garçons sexuellement abusés : une centaine pris en charge par an ;
+ Familles des enfants des rues : environ 45 familles suivies en permanence, en moyenne sur la durée du projet ;
+ Hôteliers, officiers de police, enseignants, journalistes, éducateurs d'autres associations locales, personnel du Social Welfare Council et du Ministère de la Justice : environ 500 personnes sensibilisées et responsabilisées ;
+ Personnel de l'association locale partenaire : éducateurs, travailleurs sociaux, personnel de direction, soit une trentaine de personnes.

Partenaires locaux
Voice of Children (VOC)

Durée du projet
Le soutien d'E&D à Voice of Children remonte à juillet 2001 et se poursuivra dans la mesure où les financements le permettront.

Financement : Union Européenne, fonds privés.

Moyens humains

Au Népal

Le projet est mis en œuvre par le personnel de l'association Voice of Children (personnel administratif et d'encadrement, personnel éducatif, concepteur d'outils pédagogiques), soit 39 personnes à temps plein.

Consultants techniques
Le projet bénéficie des personnes-ressources internes d'E&D, notamment une psychologue pour enfants et une éducatrice spécialisée intervenant régulièrement auprès des éducateurs et travailleurs sociaux népalais pour des apports techniques spécifiques (théoriques et pratiques).


 

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Articles

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(septembre 2003)

 
 

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