Développement communautaire et accompagnement familial en milieu périurbain

Contexte

Constat

Le Cambodge est une société rurale : moins de 15% de sa population vivent en ville, et Phnom Penh, la capitale, est la seule ville qui dépasse le million d'habitants. Si le gouvernement cambodgien et les principaux donateurs cherchent aujourd'hui à privilégier le développement rural et par conséquence la limitation de l'exode rural, il reste toutefois important d'agir afin d'améliorer les conditions de vie d'une catégorie de la population qui risque autrement d'être oubliée - les squatters, anciens et actuels, de la ville de Phnom Penh, pour qui le retour à la campagne n'est pas envisageable.

Aujourd'hui 35.000 familles environ (180.000 personnes) vivent dans la précarité à Phnom Penh Ces populations ont commencé à arriver dans la capitale dans les années 1980 suite au renversement du régime des Khmers Rouges, qui avait systématiquement vidé la ville de ses habitants. Les premiers arrivants ont occupé des terrains et maisons vides, mais ceux qui sont arrivés par la suite se sont vus contraints de s'installer dans les espaces restants, tels les toits d'immeubles, les bords de route et les rivages du fleuve.

En 2001, la Municipalité de Phnom Penh a entamé une campagne de délocalisation forcée de ces communautés installées sans droit de propriété dans le centre-ville, afin de rendre à la capitale sa gloire d'antan et faciliter la mise en œuvre d'importants projets d'infrastructure (axes de communication, adduction d'eau et traitement des déchets, renouvellement de l'offre immobilière). 80% des 180.000 squatters de la ville ont ainsi été relocalisés dans la périphérie de la ville.

Le projet de Phnom Penh Urban Poverty Reduction mis en œuvre par UN-Habitat, vise depuis 1996 à sensibiliser la Municipalité de Phnom Penh à la nécessité de travailler avec et non pas contre les populations les plus pauvres et à mieux intégrer les besoins de ces populations avec les programmes de développement urbain. Mais les structures mises en place par la Municipalité de Phnom Penh restent peu opérationnelles et les communautés sont privées d'une réelle représentation dans les instances qui décident de leurs conditions de vie. Dans les plus grands sites, l'absence de coordination des activités de développement social et le manque de transparence en matière de développement d'infrastructures créent un terrain propice aux personnes peu scrupuleuses visant à profiter de la précarité des habitants (prosélytismes, usuriers, trafiquants …). Cette situation précaire est aujourd'hui exacerbée par l'arrivée de nouvelles familles, fuyant la pauvreté de la campagne ou déplacées pour cause de gros projets d'infrastructure.

Concrètement, la situation dans les zones de relocalisation reste aujourd'hui très difficile. Dans certaines zones, la Municipalité de Phnom Penh a fourni à chaque famille (avec acte de propriété) un terrain de 7m sur 13m, des poteaux et des bâches, sans prévoir la construction de maisons en dur. Dans d'autres zones, des maisonnettes sont fournies mais les nouveaux habitants ne sont pas propriétaires du terrain.

La plupart des familles n'ont pas d'accès direct à l'eau. Malgré les quelques latrines construites et les quelques forages creusés par UN-Habitat, il n'existe pas à ce jour de véritable programme d'infrastructure sanitaire. Un véritable commerce d'eau s'est donc installé.

Quel que soit le lieu de relocalisation, toutes les familles ont le souci de l'emploi. Les principales activités génératrices de revenus des chefs des familles relocalisées sont : moto-taxi, cyclo-pousse, vendeur ambulant, journalier sur des chantiers. Ces activités rapportent généralement moins de 2 € par jour, ce qui pour ceux qui ne disposent pas de moyen de transport représente presque le coût de l'aller et retour en ville. La plupart des populations étant paysannes à l'origine, la demande de formation professionnelle (métiers manuels, élevage adapté au milieu périurbain …) est très forte, ainsi que le besoin d'accès à des crédits pour lancer des micro-entreprises.

Si l'accès à l'école primaire est assuré pour quasiment tous les enfants des familles ciblées par le projet (même si l'on peut se poser de sérieuses questions sur la qualité de l'enseignement et les conditions de l'apprentissage), il n'existe aucune structure d'accueil pour les plus petits. Les jeunes enfants sont gardés par leur mère ou d'autres membres de la famille. Beaucoup de femmes réclament des crèches et des activités pour leurs enfants en âge préscolaire, essentiellement dans le but d'être libres pour aller travailler.

Enfin, il paraît évident qu'il existe dans beaucoup de familles des problèmes de violence, d'abus d'alcool, de drogue. Le taux d'infection HIV est relativement élevé parmi les anciens squatters, risque exacerbé par le fait que beaucoup d'hommes, pour économiser des frais de déplacement, passent la semaine entière en ville sans rentrer chez eux. Aucune donnée n'est disponible sur le taux d'infection HIV chez la population des squatteurs.

Hormis la précarité de leur situation actuelle, les familles ciblées par le projet ont souvent été fragilisées psychologiquement par l'expulsion ou l'incendie qui a détruit leur foyer. Elles se trouvent contraintes aujourd'hui de vivre dans des zones qu'elles n'ont pas choisies et qui, dans l'état actuel, offrent peu de perspectives d'avenir. Pourtant, la majorité souhaite vivement s'installer définitivement, sachant que si elles arrivent à y faire leur vie, elles ne courront plus le risque d'expulsion. Cet espoir se traduit concrètement par des projets de collecte de fonds pour construire des pagodes, ou par des plantations de manguiers, geste hautement symbolique au Cambodge, où l'on plante un manguier non pas pour soi-même mais pour ses enfants.

Objectifs
Objectif global
L'objectif global dans lequel s'inscrit le projet est de diminuer la grande pauvreté dans la ville de Phnom Penh.

Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques du projet sont de :
+ contribuer à la création de conditions de vie décentes pour les familles d'anciens squatters relocalisés en périphérie urbaine, favorisant ainsi leur installation volontaire et permanente,
+ donner des perspectives d'avenir aux enfants, adolescents et jeunes adultes des familles relocalisées,
+ favoriser la participation effective des populations les plus démunies dans leur développement socio-économique individuel et collectif.

Localisation
Districts périurbains de Dangkaor et Keo Russey, Municipalité de Phnom Penh.

Bénéficiaires
Pour la vaste majorité, les 5000 familles cibles du projet sont des paysans dépossédés de leur terre et évoluant depuis un certain nombre d'années en milieu urbain. Le niveau d'éducation est relativement bas (environ 30% des chefs de famille sont allés au-delà du cursus primaire) et très peu ont eu accès à des formations professionnelles. Les plus démunis sont les plus récemment arrivés, qui se sont vus obligés de louer des taudis à d'autres squatteurs.

Le projet vise surtout les enfants (maternelles) et leurs mères, ainsi que les jeunes adultes.
+ 30 éducatrices préscolaires seront formées, ainsi que 75 parents, membres des comités de gestion.
+ 20 accompagnateurs familiaux aideront environ 2000 familles à identifier, prioriser et apporter des solutions à des problèmes.
+ 4.000 familles bénéficieront directement seront d'activités d'éducation aux Droits de l'Enfant et à la santé
+ 320 jeunes filles et garçons bénéficieront d'une formation professionnelle

Partenaires locaux
+ association Sovann Phoum
+ association Krousar yoeung

Durée du projet : 4 ans (2004-2007)

Financement :
Union Européenne, fonds privés.

Moyens humains
Personnel expatrié : 1 coordinateur de projet

Personnel local : 1 coordinateur adjoint, 1 responsable admin/finances à temps partiel, 1 responsable éducation à la santé (Sovann Phoum), 1 responsable formation-emploi (Sovann Phoum), 1 responsable de l'action petite enfance (Krousar Yoeung), 1 responsable de l'action accompagnement familial (Krousar Yoeung), 4 assistants de projet.

Ressources communautaires (non salariées) : 15 éducatrices de maternelles, 75 parents membres des comités de gestion, 25 accompagnatrices familiales, 150 promoteurs de la santé (clubs de santé et peer groups), 10 agents de crédit.

 

 

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Développement communautaire et accompagnement familial en milieu urbain

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En savoir plus

> Sovann Phoum
> Krousar Yoeung
> Finding Space for the Poor in Phnom Penh
(UNhabitat.org)

> UN Trust Fund gives US $1 million for slum upgrading in Phnom Penh
(UNhabitat.org)
> Programme de développement intégré à Stung Mean Chey et Dangkaor (1993-2003)
> Fiche Pays Cambodge