Accompagnement Familial
L'accompagnement familial dynamique s'adresse à un nombre précis de familles sélectionnées en fonction de leurs problèmes et de leur capacité à en résoudre certains.
Il s'agit d'une démarche volontaire de la part des familles : après un premier contact lors d'une enquête initiale à domicile, les familles décident de se rendre à une "permanence sociale", lieu d'accueil implanté au sein des quartiers, si elles souhaitent obtenir conseils, références, ou un accompagnement plus appuyé (suivi à domicile).
L'équipe choisit 4 à 5 critères relatifs à leurs besoins vitaux (par exemple: présence d'enfants non vaccinés, d'enfants non scolarisés, nombre d'enfants par rapport à l'âge de la mère, problèmes d'hygiène, présence d'un enfant malnutri, absence de documents administratifs). Avec l'aide de l'accompagnatrice, la famille se donne des objectifs précis, avec des priorités et des échéances à atteindre en 6 mois de suivi.
Environ 1500 familles pourront bénéficier de ces services au cours des 5 années du projet.
Le but de l'accompagnement familial est de responsabiliser les familles, de les mobiliser sur des objectifs précis de santé, d'éducation, d'accès à un état civil, à l'emploi, de renforcer leur confiance en leurs propres capacités et de les encourager à faire appel aux services publics ou privés existants.
6 maisons de famille sont construites dans chaque commune avec la participation de la communauté et proposent des permanences d'écoute et de conseil.
Elles offrent aux familles un cadre neutre et la possibilité de venir d'elles-mêmes rencontrer les animatrices ou demander des informations. Elles servent aussi de point de rencontre pour les actions spécifiques qui mobilisent les bénéficiaires dans un cadre plus large. Dans les maisons de famille, les bénéficiaires ont accès à de l'information sur les services de base existants dans la communauté et sur la manière d'accéder à ces services notamment en matière d'eau potable, de planning familial, de santé reproductive, d'éveil de l'enfant, de scolarisation, etc.

Amélioration des services de Protection Maternelle Infantile et de Santé Reproductive
Dans le cadre de l'amélioration des conditions de vie des familles, la qualité des services sanitaires apportés à la mère et l'enfant est une priorité. Elle repose sur les activités suivantes :
- Utilisation des maisons de famille pour renforcer le lien entre les services de santé et la communauté grâce aux accompagnatrices familiales, aux animateurs communautaires, aux éducatrices des centres Petite Enfance et aux groupes de femmes.
- Renforcement des compétences des personnels des centres de santé et en particulier des sages-femmes et amélioration des messages transmis par les équipes PMI des 6 centres de santé aux populations bénéficiaires. Des cessions de formation et de suivi continus sont délivrées par le personnel qualifié d'E&D.
- Intégration des activités de stimulation précoce des enfants de 0 a 3 ans et de l'activité PMI dans les centres préscolaires pour une meilleure communication et une meilleure mise en application des messages essentiels en matière de protection infantile : vaccination, suivi des courbes de croissance, couverture en vitamine A, déparasitage, prévention de la malnutrition, éveil du nourrisson. Les agents de santé bénéficient de l'appui d'E&D en matière de santé Maternelle Infantile.
Développement du suivi Maternel et Infantile
Les mères comme les enfants doivent bénéficier d'un suivi régulier et de soins adaptés aux problèmes sanitaires dont ils souffrent. Les premières causes de mortalité infantile sont les affections respiratoires aiguës, la diarrhée, la malnutrition et les infections néonatales. Une grande cause de létalité fœtale est la prématurité. Ce diagnostic sanitaire doit être pris en compte dans les actions de soin et suivi maternel et infantile notamment en ce qui concerne le suivi pré et post natal, ainsi que l'accouchement, phase critique de la mortalité maternelle et infantile.
- Amélioration du réseau de suivi prénatal en liaison avec les agents de santé et les accoucheuses traditionnelles. Ce réseau est renforcé à travers des formations continues et l'organisation de rencontres informatives réservées aux personnes soignantes mais également à l'adresse des populations bénéficiaires afin de diminuer les risques liés aux grossesses et aux accouchements. Le référencement des cas nécessitant une hospitalisation ou un suivi régulier par une sage-femme est assuré par un service de transport communautaire.
- Amélioration des conditions d'hygiène lors de l'accouchement à domicile et le suivi post natal direct (le premier mois de vie) mise en place par des formations et informations régulières du personnel de santé et des accoucheuses traditionnelles, mais également par des messages délivrés au travers des groupes de femmes.
- Création de lieux de discussion centrée sur le thème des nourrissons à destination des groupes de femmes autour des risques encourus par la jeune accouchée et son bébé qui permettent une meilleure prévention des risques et surtout une meilleure communication autour des problèmes rencontrés par les jeunes mamans.
- Attention particulière sera portée aux messages de prévention en matière nutritionnelle tant au niveau du centre de santé que des équipes mobiles, et des groupes de femmes des maisons familiales.
Amélioration de la qualité de l'eau et des pratiques liées à sa consommation

L'amélioration des services sanitaires n'a de sens que dans la mesure où l'accès à l'eau est assuré tant en qualité qu'en quantité. L'eau a, en effet, un impact immédiat sur la santé des jeunes enfants et sur celle de leurs mères. Sur la zone d'action, la principale source d'eau est l'eau de surface collectée dans des mares. Ces mares collectives ou familiales se remplissent pendant la saison des pluies. Elles contiennent une eau souillée par les animaux et les ruissellements et est consommée par les villageois sans être bouillie. L'accès a l'eau souterraine est plus rare et provient le plus souvent de puits ouverts facilement contaminables. Enfin et surtout, le risque le plus élevé de contamination se situe lors du transport, du stockage et de l'utilisation de l'eau dans les maisons.
L'approche développée par E&D et son partenaire, l'ONG DEEP, s'appuie sur deux axes d'intervention :
- La sécurisation de 150 points d'eau existants et le forage de 24 nouveaux puits. L'activité est appuyée par les Comités de Développement Villageois (CDV) en charge d'apporter la main d'œuvre et les matériaux de construction locaux ; dans chaque village, un comité de gestion d'eau est formé (en accord avec les procédures du ministère du Développement Rural).
- La vente subventionnée de filtres céramiques , solution la moins coûteuse et la plus fiable de décontamination de l'eau. DEEP est en charge de la promotion de l'utilisation de tels filtres et des séances d'éducation à l'hygiène sont proposées à toutes les familles bénéficiaires. Toutes les écoles, les centres de santé, les maisons de familles et les centres Petite Enfance en seront équipés. Les autorités et les clubs d'enfants seront aussi sollicités et vecteurs de messages promotionnels.
Afin d'améliorer l'hygiène autour des points d'eau, DEEP sensibilise les populations sur l'utilisation des latrines. Tous les centres Petites Enfance et les maisons de familles en seront équipés.
Appui et développement des Centres de Petite Enfance (3-5 ans)
Après 15 ans de travail dans ce domaine, E&D et son partenaire Krousar Yoeung disposent d'une connaissance approfondie du développement du jeune enfant dans le contexte cambodgien. En collaboration avec le ministère de l'Education, E&D a développé une série d'outils pédagogiques et de modules de formation en faveur des éducatrices et des comités de parents membres, basés sur une approche communautaire, essentiellement en milieu rural.
Krousar Yoeung, qui a déjà démontré dans ses interventions en milieu rural les bienfaits de la juxtaposition de la maternelle communautaire et de l'école primaire (facilité de communication entre les deux structures, transition des enfants d'une structure à l'autre, participation de l'école à la vie de la maternelle) prévoit d'installer au moins 12 centres de Petite Enfance, dont 6 seront organisés dans des bâtiments construits à cet effet par le projet dans l'enceinte ou à proximité immédiate des écoles primaires. Des comités de parents sont constitués pour gérer chaque Centre de Petite Enfance.

Les enfants âgés de 3 à 5 ans sont accueillis en deux groupes de 30 : les 3-4 ans et les 5 ans. Après avoir suivi une formation spécifique avec Krousar Yoeung, deux éducatrices animent des activités préscolaires (activités de psychomotricité, de socialisation et de développement intellectuel - pré-mathématiques, pré-écriture, pré-lecture, pédagogie de l'environnement). Le programme utilisé est celui développé par E&D en collaboration avec le ministère de l'Education.
Les centres Petite Enfance favorisent et facilitent l'accès à l'école primaire. Pour assurer l'Education Pour Tous, il n'en reste pas moins important d'apporter un suivi supplémentaire aux enfants rencontrant des difficultés scolaires dès le primaire.
Appui à la scolarisation ou re-scolarisation des enfants vulnérables
Dans la zone d'intervention, la gratuité de l'école étant assez largement respectée, les familles les plus défavorisées envoient leurs enfants en première année de primaire. Une large proportion des enfants non-scolarisés sur la zone est composée de jeunes enfants handicapés ou orphelins qui sont par ailleurs victimes d'autres discriminations. L'équipe d'accompagnatrices familiales suivra individuellement les familles (ou familles d'accueil) de ces enfants afin de trouver des solutions adaptées.
L'action se propose de mettre en place des classes d´éducation de base pour les enfants sortis du système. L'objectif de ces classes est de leur donner l'opportunité soit grâce à une remise à niveau de réintégrer l'école, soit s'ils n'en ont plus l'âge, d'accéder à des formations techniques complémentaires. Des instituteurs(rices) d'éducation de base sont recruté(e)s au niveau des villages et formé(e)s par Sovann Phoum. Ils/Elles sont en charge de la remise à niveau des enfants sortis du système. Le Bureau de l'Education du district et un superviseur local sont en charge de la supervision technique.
Mise en place de classes d'alphabétisation pour les jeunes adultes

E&D et Sovann Phoum , en collaboration avec le Bureau de l'Education non formelle du district, se proposent de former des instituteurs(rices) aux méthodes d'alphabétisation des jeunes adultes et d'ouvrir 12 classes d'alphabétisation. 480 personnes sont alphabétisées chaque année. 12 bibliothèques de village sont ouvertes et gérées par l'instituteur(rice) de l'éducation de base.
Les classes de post-alphabétisation permettent de se familiariser avec la lecture tout en abordant des sujets intéressant les populations rurales (maraîchage, pisciculture, accès à la terre, développement de l'enfant…). L'ouverture de ces classes se fait en fonction des demandes des bénéficiaires et s'adapte à leurs contraintes horaires.
Développement des activités extrascolaires
Les activités extrascolaires, hormis les travaux domestiques et le travail aux champs, sont quasi inexistantes en milieu rural. Elles n'en restent pas moins nécessaires au développement de l'enfant. L'action se propose de mettre en place des clubs d'enfants qui ont pour fonction :
La promotion des équipes mobiles des centres de santé (vaccinations, visites prénatales, séances poids/taille) pour mobiliser les populations et promouvoir la santé,
La mise en place d'activités d'éducation à la santé et de promotion des droits de l'enfant à travers l'approche de « l'enfant pour l'enfant » dans les villages
La promotion de l'utilisation de latrines
La mise en place d'animations diverses dans la communauté (Journées Nationales, au marché, lors des fêtes) sur des thématiques liées aux problèmes rencontrés par les familles (santé, droit de la famille, environnement...)
Les rencontres sportives, culturelles inter-clubs afin de solliciter la motivation des clubs et de promouvoir le développement de l'enfant
Dans tous les villages ciblés par l'action, deux enfants seront élus par leurs pairs pour devenir éducateur pair. Tous les éducateurs pairs sont représentés par un ou deux des leurs au niveau du comité de pilotage et participent donc à la définition des orientations de l'action. Tous les éducateurs pairs sont bénévoles. Seuls leurs frais de formation leur sont remboursés et un vélo prêté pour leurs déplacements (vélo qui leur appartient après deux ans).